jeudi 16 juin 2011

Montage de la structure poteaux-poutres (septembre 2010)

A la mi-septembre 2010, la structure était prémontée au sol. Sa mise en place a été l’occasion d’organiser un chantier participatif, réunissant amis, connaissances, voisins de la commune intéressés par l’expérience.

Les cinq fermes sont levées et mises en place une à une au moyen d’un tractopelle, puis assemblées entre elles.



Au nord, on ajuste la dernière travée de la structure, qui supportera le long pan arrière de la toiture.


En quatre jours intenses et pleins de convivialité, la maison prend tout à coup forme et volume.


Les voliges et le pare-pluie (en fibre de lin) sont posés. Les premières tuiles sont hissées sur le toit.
Il peut désormais pleuvoir, la charpente de peuplier est  hors d’eau !

L'ossature bois (été 2010)

Le bois de l’ossature a été commandé bien en amont auprès d’un scieur-paysan de Baignes, sensibilisé aux problématiques environnementales et soucieux de ses produits.

Le chêne et le peuplier utilisés pour l’ossature sont donc d’origine locale.

Après un an de séchage à l’abri, la charpente a été réalisée pièce à pièce et à la main par Shemsou au cours de l’été 2010.

L'été du débitage, des tenons et des mortaises....

Cette opération a toutefois nécessité un apport d’électricité, jusque-là inutile. Nous avons dû nous procurer un groupe électrogène.

Nous avons également bénéficié de précieux conseils de la part de charpentiers locaux expérimentés.



mercredi 15 juin 2011

Les fondations (printemps 2010)

La surface de la future habitation a été décaissée au moyen d’une pelleteuse, la terre réservée pour les usages ultérieurs.

Pour certains, l'utilisation de cette pelleteuse est la preuve éclatante que nous ne sommes que des charlatans.

C'est bien évident, si nous étions de vrais écologistes, nous devrions tout faire à la pioche et nous éclairer à la lampe à huile ! 

Les plots de support de l’ossature bois ont été coulés au printemps 2010, sur d’épaisses fondations cyclopéennes de pierre et de chaux.


L'assainissement par filtres plantés

Pour obtenir le permis de construire, nous avons fait réaliser une étude de filière par le réseau professionnel Aquatiris, qui développe et promeut des solution de phyto-épuration pour les particuliers.

La maison sera équipée de toilettes sèches, assorties d’une zone de compostage. Les eaux grises seront retraitées par une ligne de filtres plantés soigneusement dimensionnée, qui aboutira à la mare, située en bas du terrain.

Cette proposition a reçu le premier agrément dérogatoire jamais délivré par le SPANC de la Communauté de Communes des 3B.

Les travaux seront réalisés ultérieurement. L’espace nécessaire a d’ores et déjà été prévu et réservé.

La Maison d’habitation (début des travaux : avril 2010)

Les plans de la maison ont été déposés en avril 2010.  Le permis de construire obtenu un mois plus tard.

Ça devrait ressembler à ça...
Ce sera une maison compacte, de plain-pied. La toiture, dans la tradition locale, aura quatre pans, et sera supportée par une ossature poteaux-poutres. 

Les murs seront en bottes de pailles et enduits à la terre. De larges débords de toit les protégeront des intempéries.

Les cloisons intérieures seront en briques de terre crue pour conférer de l'inertie à l'ensemble.

Au plein Nord, la « souillarde », pièce destinée au stockage des réserves alimentaires, sera réalisée sur sol de terre battue légèrement décaissé, avec d'épais murs d’adobe. pour garantir une température constante. Cette masse de terre crue conférera également de l’inertie à l’édifice.

La maisonnette (printemps été 2009)

Elle a été construite entièrement en adobes de terre crue réalisées par nos soins. Les angles sont en pierre de taille de récupération.


Les bois utilisés sont d'origine locale, les pièces exposées aux intempéries réalisées avec des essences imputrescibles (châtaignier, aulne, séquoia). 
L'objectif de cette construction était d'expérimenter une phase de finitions et d'obtenir un lieu proprement habitable.


Le plafond est isolé avec de la laine de chanvre. La maisonnette abrite une première pièce avec cheminée surmontée d'une mezzanine.


Derrière la porte, un petit hammam, dont le plafond est en voûte (de terre crue)  pour favoriser l'écoulement de l'eau. La finition est en tadelakt, stuc traditionnel marocain étanche associant chaux et poudre de marbre. 


Une fosse de récupération de l'eau pluviale de 3000 litres a été réalisée sous la cabane. L'eau est utilisée pour le hammam à l'aide d'une pompe mécanique, et pour les bacs de lavage extérieurs réalisés en s'inspirant de la technique romaine du béton de tuileau.

L'atelier (Pâques 2008)

Ce bâtiment poteaux-poutres a été construit dans le but de mieux préparer les chantiers suivants, pour protéger les matériaux des intempéries, et a vocation à devenir ensuite un atelier artistique.


Deux blocs d'1m3 récupèrent les eaux pluviales recueillies sur le toit. Il s'agit de notre premier travail de charpente d'envergure, qui a - là encore - permis de faire des tests, de repérer des erreurs.

Sous l'appentis, 4500 briques de terre crue et paille de lin ont été façonnées durant un été et demi. La paille de lin a été préférée car ses fibres solides maintiennent la structure des briques, alors que la paille de blé est très cassante. Les briques ont été moulées selon une technique rudimentaire mais efficace, déjà utilisée en Égypte ancienne.

On mélange, par foulage au pied, de la terre dont on a extrait les pierres, du sable et de la paille. Les briques sont formées dans des moules en bois, puis laissées au sol à sécher.

D'anciennes briques de terre crue ont également été récupérées sur la commune du Tâtre. Appelées « clairons » ou encore « doucins », ces briques sont plus lourdes et compactes que celles faites sur place : les anciens connaissaient mieux les natures de terre adaptées à leur fabrication. 

Les briques ont été utilisées par la suite pour la construction de la maisonnette.